Cette page ne cherche pas à vous faire quitter Airtable. Elle pose le calcul en entier, avec les tarifs publics des deux côtés, la contrepartie que l'abonnement finance, la question de l'endroit où vivent vos données, et les situations dans lesquelles la migration est une mauvaise idée. Les tarifs cités ci-dessous ont été relevés le 10 août 2026 sur les pages de tarification des éditeurs et des hébergeurs concernés.
Le calcul, avec les tarifs publics des deux côtés
Commençons par la colonne que vous payez déjà. Airtable Business coûte 45 dollars par siège et par mois en facturation annuelle, 54 dollars en mensuel. L'offre Team est à 20 dollars en annuel, 24 dollars en mensuel. Quinze sièges éditeurs en Business représentent donc 8 100 dollars par an, et vingt sièges de plus ne changent pas le raisonnement, seulement le montant.
En face, l'hébergement européen. Un Hetzner CX23 est à 5,49 euros par mois pour 2 vCPU et 4 Go de RAM, un CAX11 en architecture ARM à 5,99 euros. Chez Scaleway, un PLAY2-PICO tourne autour de 4,99 euros pour 1 vCPU et 2 Go, un PLAY2-MICRO autour de 14 euros pour 4 vCPU et 8 Go. Un VPS-1 chez OVHcloud est à 7,60 euros par mois depuis le 1er avril 2026. Mais une base qui porte le dossier de référence d'une entreprise ne se met pas sur la plus petite machine partagée : il lui faut de la mémoire, et du vCPU dédié dès que la charge devient sérieuse, ce qui amène au Hetzner CCX13 à 42,99 euros par mois. La fourchette honnête pour un serveur de production correct va donc d'environ 15 euros par mois pour une instance partagée bien dimensionnée, du calibre d'un PLAY2-MICRO, à 42,99 euros pour du vCPU dédié, soit 180 à 540 euros par an, indépendamment du nombre d'utilisateurs.
Deux précautions avant de comparer ces colonnes. Les éditeurs facturent en dollars, les hébergeurs européens en euros, et le taux de change bouge : ne comparez pas au centime. Et ces prix d'hébergement ne sont pas stables, ce qui fait l'objet du paragraphe suivant.
Un prix d'hébergement qui bouge, et pourquoi il bouge
Une page qui donne un prix de serveur sans dire qu'il évolue vieillit très mal, alors disons-le. Le Hetzner CCX13 cité plus haut à 42,99 euros par mois était à 15,99 euros avant la hausse de juin 2026 : il a presque triplé en un mouvement. Le VPS-1 d'OVHcloud est passé de 3,50 à 7,60 euros par mois au 1er avril 2026, soit plus du double. Ces révisions ne sont pas des coïncidences commerciales.
La cause est en amont, dans la mémoire. Le prix de la RAM a pris environ 30 % par rapport à la fin de 2025, parce que la construction de centres de données pour l'intelligence artificielle absorbe l'offre mondiale de DRAM et de NAND. Les hébergeurs achètent leurs barrettes sur le même marché que tout le monde et répercutent, avec un décalage de quelques mois. Rien n'indique aujourd'hui que ce mouvement soit terminé.
Quelle conséquence pratique sur votre décision ? D'abord, un calcul de sortie doit provisionner une hausse de l'hébergement, pas figer le tarif du jour sur cinq ans. Ensuite, la comparaison reste largement favorable au serveur, parce que même triplé, un loyer de machine se compte en centaines d'euros par an quand un abonnement au siège se compte en milliers de dollars. Enfin, cela rappelle que la ligne d'hébergement n'est jamais celle qui décide : c'est l'interface qui pèse, et c'est le sujet du bloc suivant.
Ce que ces 8 100 dollars achetaient aussi
Comparer 8 100 dollars d'abonnement à 300 euros de serveur sans rien ajouter est malhonnête, et un lecteur sérieux le repère immédiatement. L'abonnement ne paie pas une base de données. Il paie d'abord une interface complète : grilles, formulaires, vues filtrées, calendriers, gestion des droits, application mobile, tout cela conçu, testé et maintenu par une équipe produit. Il paie ensuite des sauvegardes automatiques avec restauration à un instant donné, qui ne se contentent pas d'exister mais sont surveillées. Il paie de la haute disponibilité, ce qui suppose au minimum une seconde machine et un basculement éprouvé, pas seulement envisagé. Il paie enfin une astreinte, c'est-à-dire des gens qui répondent la nuit.
Un serveur nu ne fournit aucune de ces quatre choses. Le vrai arbitrage n'est donc pas 8 100 contre 300, il est celui-ci : l'économie d'abonnement finance-t-elle la construction de l'interface, puis son entretien année après année, puis l'exploitation du serveur ? Nous chiffrons ces trois lignes séparément, parce qu'un budget de sortie qui ne provisionne que la première année se rattrape brutalement la deuxième.
Un point de transparence sur ce que nous fournissons, à connaître avant de signer et non après : nous administrons le serveur, nous supervisons la base et nous testons les restaurations, mais nous ne tenons pas d'astreinte nocturne. Les échanges sont écrits, avec une réponse sous 24 heures ouvrées. Si votre activité ne supporte pas cette fenêtre, la migration n'est pas le bon projet, ou pas avec nous.
Où vivent les données aujourd'hui, où elles vivraient, et quand rester
Commençons par les faits. Airtable, Notion et Smartsheet sont des sociétés américaines. Supabase et Neon également, et ce sont des services de PostgreSQL infogéré, honnêtes sur ce qu'ils font. monday.com fait exception dans cette liste : son siège est à Tel Aviv, en Israël, et la société est cotée au Nasdaq. Un serveur loué chez Hetzner, Scaleway ou OVHcloud, dans une région européenne choisie explicitement, garde les données dans l'Union.
Sur le plan juridique, pas de raccourci : utiliser un outil américain n'est pas illégal. Le RGPD encadre les transferts de données personnelles hors de l'Union et les autorise sur la base d'une décision d'adéquation ou de garanties appropriées, les clauses contractuelles types par exemple. Le sujet est la maîtrise, pas l'interdiction. Et sur la maîtrise, un rappel factuel suffit : un cadre d'adéquation entre l'Union et les États-Unis est en vigueur depuis 2023 et a résisté à un premier recours devant le Tribunal de l'Union en septembre 2025, mais les deux cadres qui l'ont précédé ont été annulés par la Cour de justice de l'Union européenne, en 2015 puis en 2020. S'y ajoute ce qui ne relève pas du droit du tout, la grille tarifaire, une fonctionnalité retirée, un rachat de l'éditeur.
Reste la question honnête : quand faut-il rester ? Sous une dizaine de sièges éditeurs, l'écart annuel ne finance pas la construction d'une interface, restez. Quand le métier n'est pas stabilisé et que les tables changent chaque semaine, un schéma versionné vous ralentira, restez. Quand personne en interne ne peut porter l'outil et arbitrer ses évolutions, l'application sur mesure se figera et sera contournée dans un tableur, restez. Quand le vrai problème est la propreté des données ou le flou des processus, migrer ne fait que déplacer le désordre. Un chemin intermédiaire existe d'ailleurs : garder l'outil pour la saisie et brancher un PostgreSQL en lecture pour les rapports. Si votre sujet est le travail PostgreSQL lui-même, schéma et politiques d'accès, allez plutôt sur notre page agence Supabase ; si vous savez déjà que l'interface est le cœur du projet, sur notre page logiciel sur mesure.