Sur la Côte, la plupart des domaines ne cherchent pas à écouler du stock : ils produisent moins qu'on ne leur demande. Le site ne sert donc pas à remplir un panier, il sert à trier les demandes, à tenir un fichier client et à répondre aux professionnels étrangers qui n'achèteront jamais en ligne. C'est ce décalage qui décide de l'architecture, bien avant le choix des photos.
Trois publics arrivent sur le site, un seul remplit un panier
Le particulier qui vous connaît déjà vient vérifier une date : l'ouverture de votre offre, la disponibilité d'une cuvée, la reprise des expéditions. Celui qui ne vous connaît pas arrive après avoir bu une bouteille au restaurant et tape le nom du domaine ou celui du climat, souvent mal orthographié. Il veut savoir ce que vous produisez et, très souvent, où en trouver près de chez lui.
Le caviste ou le restaurateur ne veut pas d'un parcours grand public. Il cherche des conditions professionnelles, un contact identifié et la certitude que vous ne le concurrencez pas en direct sur les mêmes références.
L'importateur ou l'agent export, lui, ne passera jamais par la caisse. Il veut des données : appellations, surfaces, âge des vignes, conduite du vignoble, certification éventuelle, élevage, volumes disponibles, et surtout savoir si vous êtes déjà représenté dans son pays.
Trois attentes, donc trois entrées distinctes dès la page d'accueil. Quand tout est fondu dans une boutique unique, les demandes sérieuses finissent noyées dans le formulaire de contact générique et personne ne les traite.
Message sanitaire, vérification d'âge et ce que les moteurs peuvent lire
Le message sanitaire a sa place là où les vins sont présentés, pas au fond des mentions légales. La vérification d'âge, elle, pose un problème que peu de sites de domaines ont réglé proprement : si la porte redirige tout visiteur sans cookie vers une page de contrôle, ou si le contenu n'est injecté qu'après validation côté navigateur, le catalogue peut devenir illisible pour les moteurs. Le domaine ressort alors sur son propre nom et sur rien d'autre. Le contenu doit être servi dans la page, la vérification posée par-dessus.
Sur la loi Évin, le cadre limite ce que vous pouvez montrer et écrire, et sa lecture évolue. Les éléments objectifs (origine, dénomination, composition, mode d'élaboration, terroir, distinctions obtenues) passent en général pour la base la plus sûre, tandis que les visuels d'ambiance, les scènes de convivialité et certaines formulations sont nettement plus discutés. Nous ne tranchons pas à votre place : nous construisons le site pour que ces zones soient isolées et faciles à modifier, l'arbitrage restant à votre conseil juridique ou à votre interprofession.
Dernier point souvent négligé : mieux vaut n'ouvrir à la vente que les destinations et les catégories de clients que vous êtes réellement en mesure de servir, obligations déclaratives comprises. Cela se cadre avec votre comptable avant la mise en ligne, pas après la première commande venue de l'étranger.
Vendre par allocation plutôt qu'en boutique ouverte
Beaucoup de domaines n'ont pas assez de bouteilles pour laisser une boutique ouverte toute l'année. Le fonctionnement réel ressemble plutôt à ceci : un compte client avec son historique, une quantité attribuée par cuvée et par personne, une campagne qui s'ouvre à une date annoncée, une fenêtre de réponse limitée, puis la fermeture. Techniquement, cela n'a rien à voir avec un catalogue classique. Il faut des quotas individuels, un panier pré-cadré, une règle pour ceux qui ne répondent pas dans les temps, et une logique de report quand la demande dépasse l'attribution.
La liste d'attente n'est pas un lot de consolation, c'est l'actif du domaine. Un formulaire bien posé sur chaque cuvée épuisée alimente votre fichier toute l'année, et ce fichier vaut plus que le trafic. Encore faut-il qu'il soit exploitable, donc segmenté par cuvée demandée, par pays et par type de client.
À l'inverse, laisser un bouton d'achat actif sur une cuvée qui n'existe plus, ou afficher une disponibilité que vous ne pourrez pas honorer, coûte cher auprès d'une clientèle qui se parle beaucoup.
Les erreurs qu'on retrouve sur presque tous les sites de domaines
La vidéo plein écran et les photos de cave non compressées : le visiteur qui vous cherche depuis sa voiture, avec un réseau moyen entre deux villages, s'en va avant l'affichage.
Les fiches techniques en PDF et rien d'autre : illisibles sur téléphone, invisibles en recherche. La fiche doit exister en page web, le PDF venant en complément pour l'importateur qui l'imprime.
L'adresse de page recréée à chaque nouveau millésime : si la fiche d'une cuvée repart de zéro à chaque cycle, son historique aussi, et les liens de la presse ou des cavistes tombent dans le vide. Mieux vaut une adresse stable par cuvée, à laquelle les millésimes successifs viennent s'ajouter.
L'absence de page indiquant où trouver vos vins : une bonne partie des visiteurs a déjà goûté ailleurs et cherche simplement un caviste, un restaurant ou un importateur.
La traduction automatique des notes de dégustation : élevage, foudre, égrappage, sur lies, un professionnel étranger repère l'approximation dès les premières lignes. Les noms de climats et les mentions d'appellation, eux, ne se traduisent pas.
Enfin, des photos de bouteilles toutes identiques où l'étiquette reste illisible. Le client doit reconnaître ce qu'il a vu sur une carte des vins.
Ce qui fait varier l'effort, et un projet mené uniquement par écrit
Plusieurs éléments pèsent sur le devis : le nombre de cuvées et de millésimes encore actifs, l'existence d'une ou de plusieurs grilles selon le type de client, le choix entre boutique ouverte et campagnes d'allocation, la complexité de l'expédition (formats de carton, zones, assurance, suspension des envois pendant les fortes chaleurs, le gel ou les vendanges), le nombre de langues et le fait que les notes de dégustation soient traduites par un humain ou non, le branchement éventuel sur votre logiciel de cave. Et surtout l'état de vos contenus : photos utilisables et fiches à jour, c'est presque toujours là que se joue le calendrier.
Le déroulé est entièrement écrit. Vous décrivez le domaine et vos besoins depuis notre formulaire de devis, nous répondons sous 24 heures ouvrées par email. Vous remplissez ensuite un tableau cuvée par cuvée, quand vous avez un moment. Vous recevez une adresse de préproduction à parcourir, vous renvoyez vos remarques en liste numérotée, nous corrigeons. À la fin, une documentation écrite vous permet d'ajouter la nouvelle récolte sans nous.
Aucun appel, aucun déplacement, ce qui tombe plutôt bien quand personne n'est joignable en pleine période de vendanges. Robin Monteiro assure le développement, Florian Loppion la visibilité, depuis Dijon. Nos réalisations, par exemple Vectosolve, Chouchou Ribeyre ou Au Petit Détail, sont consultables avant de nous écrire.