Le sujet est encadré par des textes récents, et beaucoup de pages en ligne citent encore les précédents. Voici ce qui s'applique aujourd'hui, ce qu'un site d'office peut faire, où passe la frontière avec le ministère du notaire, et à quel moment il vaut mieux ne rien nous demander.
Le texte applicable a changé le 1er février 2024
Beaucoup de pages commerciales citent encore l'article 4.4.1 du règlement national des notaires. Ce règlement n'existe plus. L'arrêté du 29 janvier 2024, publié au Journal officiel du 31 janvier (texte 56 sur 173), approuve les règles professionnelles des notaires et le règlement professionnel du notariat ; son annexe précise que ces règles « viennent remplacer le règlement national/règlement intercours des notaires approuvé par arrêté de la garde des sceaux du 22 mai 2018 ». L'abrogation formelle de cet arrêté du 22 mai 2018 est prononcée, elle, par l'article 30 du décret n° 2023-1297 du 28 décembre 2023. Il est entré en vigueur le 1er février 2024, à la même date que le décret du 28 décembre 2023 qui porte le code de déontologie de la profession. Il est entré en vigueur le 1er février 2024, à la même date que le décret du 28 décembre 2023 qui porte le code de déontologie de la profession.
Les dispositions qui intéressent un site sont regroupées et faciles à retrouver : article 14.1 pour les principes de communication, 14.2 pour la publicité, 14.3 pour la sollicitation personnalisée, 14.4 pour le site internet et la proposition de services en ligne, 14.5 pour les logotypes, puis 16.1 à 16.3 pour la dénomination, le nommage du site et la messagerie professionnelle.
Ce socle se superpose au décret du 28 décembre 1973, dont les articles 42 à 44, réécrits par le décret du 29 mars 2019, exigent une information sincère excluant tout élément comparatif ou dénigrant, cantonnent la sollicitation personnalisée à un envoi postal ou à un courrier électronique adressé à un destinataire déterminé, et interdisent certains noms de domaine. Vérifier la date du texte que cite un prestataire est un test rapide.
Rendez-vous en ligne et espace client : où passe la frontière
Deux fonctions dominent le sujet, et elles ne posent pas les mêmes questions. La prise de rendez-vous est un problème d'agenda : capter un motif, une nature de dossier, des disponibilités, écrire un créneau quelque part sans créer une double saisie pour l'assistante. La difficulté est rarement technique, elle est organisationnelle, et la bonne réponse dépend de qui tient l'agenda de référence dans l'étude, le logiciel métier ou une messagerie partagée.
L'espace client est un problème de données. Les pièces demandées aux parties, actes d'état civil, pièces d'identité, avis d'imposition, relevés, justificatifs de provenance des fonds, sont exactement le type de documents qu'on ne veut pas laisser dans une boîte de messagerie pendant des années.
Sur les deux, une même limite s'impose. L'article 2.2.2 du règlement professionnel énumère ce qu'un notaire ne peut pas sous-traiter : la réception des clients, le conseil, la consultation, la négociation immobilière et la gestion locative, en plus de la rédaction et de la réception de ses actes. Un formulaire peut donc collecter et orienter, il ne peut pas répondre. Un robot conversationnel qui commente une situation successorale sort du cadre, même présenté comme informatif. Le même article autorise en revanche l'externalisation de certaines tâches administratives, dont l'archivage physique ou numérique, sous clauses de confidentialité.
Signature électronique et archivage : deux chaînes qu'un site ne remplace pas
Une confusion revient : croire qu'un portail peut porter la signature ou la conservation. Le règlement européen 910/2014 distingue trois niveaux de signature électronique, et seul le niveau qualifié ouvre la présomption de fiabilité prévue au second alinéa de l'article 1367 du code civil, dont les conditions sont fixées par le décret du 28 septembre 2017. Sa version révisée, le règlement 2024/1183 entré en vigueur le 20 mai 2024, ajoute le portefeuille européen d'identité numérique que les États membres doivent mettre à disposition de leurs citoyens.
Pour l'acte authentique, la chaîne est plus stricte encore. Le décret du 26 novembre 1971, modifié en 2005, impose un système de traitement et de transmission agréé par le Conseil supérieur du notariat, et l'acte est déposé au minutier central électronique des notaires de France.
Côté conservation, l'archivage à valeur probante répond à la norme NF Z42-013, reprise au plan international sous la référence ISO 14641, dont la certification NF 461 atteste l'application par audit externe. Le règlement professionnel ajoute son exigence à l'article 19 : le tiers auquel on confie l'archivage physique ou numérique doit être agréé par le service des Archives de France, et le contrat doit imposer sécurité, confidentialité et disponibilité. Les minutes, elles, sont des archives publiques, versées aux archives départementales au terme d'un délai de soixante-quinze ans fixé par le code du patrimoine.
Quand ne pas nous écrire
Comme la chambre contrôle les instruments de communication et doit être informée sans délai de l'ouverture d'un site, de la proposition de services en ligne et de l'ouverture ou de la modification de pages web tenues sur un site tiers, un projet sans relecteur interne déplace le risque, il ne le règle pas.